
Arnaque ? Que pensez-vous de ces formations intensives en programmation ?
Lambda School offre des cours de programmation informatique en ligne d’une durée de six mois pour un coût de 30 000 $. L’offre intègre la promesse d’un accompagnement des étudiants qui les mène à coup sûr vers un emploi leur permettant alors de rembourser leur prêt étudiant. Le cas Mined Minds vient cependant rappeler que la réalité avec les formations intensives est aux antipodes avec la publicité : promesses de job au terme de la formation, mais finalement pas d’emploi. Quel crédit doit-on alors accorder aux formations intensives ? Sont-elles plus efficaces que les formations classiques en informatique ?
En mai 2021, trois étudiants ont porté plainte contre la société Lambda School pour pratiques éducatives et financières trompeuses. Les détails de la plainte font état de ce que la structure n’a pu fournir la qualité de la formation nécessaire pour faire carrière dans des métiers en lien avec le développement informatique. Les retours sur la toile en ce qui concerne Lambda School renforcent sa réputation d’entreprise à publicité mensongère : ses taux d’employabilité sont aux antipodes de ceux qu’elles affichent pour appâter de potentiels apprenants.
« Nous sommes tellement convaincus que notre formation et notre soutien professionnel vous mèneront à un emploi bien rémunéré que nous avons créé une nouvelle option de paiement : notre prêt basé sur les résultats. Sans aucun paiement initial et avec notre garantie de remboursement des frais de scolarité, si vous suivez notre programme et que vous ne trouvez pas un emploi rémunéré à hauteur d'au moins 50 000 $ par an, l'intégralité de votre prêt est remboursée, y compris tous les frais et tous les intérêts auprès d'un prêteur agréé. Et nous vous verserons directement 10 % des frais de scolarité », indique l’entreprise dans le cadre de sa nouvelle politique de gestion des frais de scolarité.
Néanmoins, l’une des conditions pour bénéficier de ce remboursement stipule que l’apprenant dispose d’une année pour : postuler à une dizaine d’emplois par semaine ; contacter 10 professionnels pour les besoins de réseautage ; publier à minima 5 contributions sur GitHub par semaine. Si de nombreux observateurs crient à l’arnaque pour ce qui est de Lambda School certains sont d’avis que l’on ne doit pas généraliser à toutes les formations intensives.
La rubrique https://emploi.developpez.com ouvre la porte à la consultation de plus de 20 000 offres d’emploi en informatique pour tiers au sein de la francophonie. Des exigences reviennent : le postulant doit posséder un diplôme universitaire de niveau bac+3/5 et plusieurs années d’expérience. C’est sans compter avec les descriptions des offres au sein desquelles les employeurs recherchent le mouton à cinq pattes. Résultat : les entreprises ont de la peine à recruter sans que le problème soit nécessairement la pénurie de talents. Faut-il donc axer les recrutements sur les profils issus des formations intensives ? C’est ce que laisse penser une décision du gouvernement français qui a investi 90 M€ pour former des milliers de demandeurs d’emploi aux métiers IT d’ici fin 2022. La Grande École du Numérique (GEN) est au centre de l’animation de cette initiative.
La durée de formation au sein du réseau de la GEN varie de 1 à 42 mois, mais dure en moyenne 7 mois, d’après des données 2017. Grosso modo, ce sont donc pour la plupart des formations courtes et intensives ; détail que vient confirmer le premier point de la nouvelle feuille de route de la GEN désormais en vigueur. Ce choix apparaît comme une réponse à la question de savoir si un diplôme universitaire et plusieurs années d’expérience doivent être requis pour le recrutement de tiers dans la filière IT.
De façon traditionnelle, l’exercice dans la filière des technologies de l’information requiert de suivre le parcours classique d’une formation diplômante en informatique au cours de laquelle le futur développeur de métier acquiert les connaissances de base pour la carrière qu’il envisage. Le cursus est sanctionné par l’obtention d’un diplôme universitaire à bac+3/5 en général requis (en plus d’un certain nombre d’années d’expérience professionnelle) par les employeurs lors de la phase de recrutement. Dans une publication parue au mois de septembre de l’année précédente, la Commission Solarium faisait état de ce que c’est en raison de ce type d’exigences que le gouvernement américain éprouve des difficultés à recruter les profils en cybersécurité dont il a besoin. Elle recommande donc d’ajuster les exigences de recrutement afin de permettre à des profils issus des formations intensives ou bootcamps d’être recrutés.
« Le gouvernement fédéral sera plutôt plus fort s'il s'appuie sur un large éventail de backgrounds et s'il crée des opportunités pour les employés d'acquérir des connaissances et de l'expérience dans le cadre de leur travail. Cet effort nécessitera de nombreuses approches innovantes, parmi lesquelles la Commission recommande tout particulièrement des programmes d'apprentissage et des possibilités de perfectionnement pour soutenir le développement des employés du secteur de la cybersécurité », indiquait-elle.
En toile de fond de la comparaison des formations intensives aux formations classiques se cache la question de la compétence. Chez IBM, on recommande désormais de recruter sur la base des compétences plutôt qu’en se fondant sur les diplômes universitaires. Même Tim Cook est d’avis qu’ « un diplôme universitaire de quatre ans n’est pas nécessaire pour maîtriser le codage informatique. »
Source : BloomTech
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