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Combattre le feu par le feu : un professeur lutte contre la tricherie alimentée par l'IA grâce à des examens oraux automatisés par Claude, Gemini et ChatGPT qui coûtent 42 centimes par étudiant

Le , par Stéphane le calme

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Combattre le feu par le feu : un professeur lutte contre la tricherie alimentée par l'IA
grâce à des examens oraux automatisés qui coûtent 42 centimes par étudiant

Confronté à des rendus d'étudiants trop parfaits pour être honnêtes, Panos Ipeirotis, professeur à la NYU Stern School of Business, a choisi de combattre le feu par le feu. En déployant un agent vocal basé sur ElevenLabs, Claude, Gemini et ChatGPT, il a organisé des examens oraux entièrement automatisés, personnalisés et évalués par un jury de modèles de langage — le tout pour 15 dollars, soit 42 cents par étudiant. Une expérience aussi révélatrice que controversée, qui interroge en profondeur l'avenir de l'évaluation académique à l'ère de l'IA générative.

Tout a commencé par un sentiment diffus, mais persistant. Dans le cadre du cours « AI/ML Product Management » co-animé avec Konstantinos Rizakos à la NYU Stern School of Business, les soumissions préalables aux études de cas semblaient anormalement soignées. Pas le genre de « bon étudiant » soigné — plutôt le genre de mémo McKinsey relu par trois équipes d'édition. Panos Ipeirotis l'exprime sans détour sur son blog : l'IA était visiblement dans la boucle, non pas pour augmenter la réflexion des apprenants, mais pour la remplacer.

Précision importante : dans un cours entièrement consacré à l'IA et au machine learning, l'utilisation de l'IA n'est pas interdite — elle est activement encouragée. La distinction qu'Ipeirotis cherche à préserver est plus subtile : utiliser l'IA pour amplifier sa propre réflexion est de l'éducation et non lui sous-traiter intégralement sa pensée. Cette nuance, facile à formuler, est devenue presque impossible à détecter dans les productions écrites.

Sa réponse initiale fut classique : interroger les étudiants à l'improviste en plein cours. Le résultat fut, selon ses propres mots, « éclairant ». Nombre de ceux qui avaient rendu des travaux structurés et nuancés se révélaient incapables d'en expliquer les choix fondamentaux après deux questions de suivi. L'écart entre les productions écrites et la capacité à les défendre oralement était trop systématique pour être attribué au simple trac. La conclusion s'imposait : si vous ne pouvez pas défendre votre propre travail en temps réel, le document écrit ne mesure pas ce que vous pensez mesurer.

Le professeur en tire une conclusion radicale : l'équilibre historique qui permettait aux examens à domicile d'évaluer la compréhension réelle est « mort, révolu, kaput ». Les étudiants peuvent désormais répondre à la quasi-totalité des questions d'examen traditionnelles grâce aux LLM disponibles. Même le repli vers les examens papier en salle ne suffit plus dès lors qu'on cherche à évaluer la contribution individuelle à des projets de groupe — une présentation peut être générée clé en main par NotebookLM ou Gemini sans que l'étudiant ait jamais ouvert le sujet.

L'examen oral : vertueux mais non scalable — jusqu'à aujourd'hui

L'examen oral s'impose naturellement comme la parade : impossible de souffler une réponse à un étudiant en temps réel sans que cela soit détectable, il force la pensée en mouvement, l'application spontanée, la défense de décisions réelles. Mais sa vertu est aussi son talon d'Achille : il ne passe pas à l'échelle.

Avec 36 étudiants et deux instructeurs, l'expérience reste gérable — à peine. Mais les demandes d'aménagements s'accumulent instantanément : un vol le 15, trois autres examens ce jour-là, un événement familial. Tous légitimes. Multipliez par dix pour une grande classe, et vous obtenez un cauchemar logistique d'un mois. C'est précisément pourquoi les examens oraux ont progressivement disparu de l'enseignement supérieur à mesure que les effectifs grossissaient.

L'idée d'Ipeirotis : utiliser l'IA pour restaurer ce format d'évaluation disparu. Inspiré par des travaux de recherche de Brian Jabarian montrant comment l'IA conduit des entretiens d'embauche, il décide de construire un agent vocal examinateur sur la plateforme ElevenLabs Conversational AI. L'idée peut sembler absurde. Elle ne l'était plus vraiment, à condition d'accepter que le problème à résoudre n'est pas de reproduire un jury humain, mais de mesurer une compréhension réelle à l'échelle.

Architecture technique : sous-agents, variables dynamiques et jury de LLM

L'examen se déroule en deux parties distinctes. La première porte sur le projet de fin de semestre de chaque étudiant : objectifs, données utilisées, choix de modélisation, métriques d'évaluation, points de défaillance. C'est là que la stratégie « copier-coller dans ChatGPT » s'effondre : improviser des réponses cohérentes sur des décisions spécifiques face à un interlocuteur qui creuse est autrement plus difficile que produire un texte poli. La seconde partie consiste à sélectionner une étude de cas parmi celles étudiées en cours et à répondre à des questions couvrant les thématiques abordées.

Techniquement, l'agent est décomposé en sous-agents spécialisés via un système de workflow. Un agent d'authentification vérifie l'identité de l'étudiant avant tout. Un agent dédié au projet injecte les paramètres personnalisés (nom, détails du projet) en variables dynamiques. Un agent de discussion de cas sélectionne et interroge sur une étude de cas. Cette architecture multi-agents n'est pas que cosmétique : elle empêche le système de dériver vers une conversation non bornée et facilite le débogage. La prochaine étape naturelle est d'y connecter un système RAG sur les propres soumissions des étudiants — slides, rapports, notebooks — pour que l'agent puisse citer et sonder précisément leur travail réel.

Pour la notation, Ipeirotis s'inspire de l'approche « Council of LLMs » proposée par Andrej Karpathy : trois modèles distincts — Claude, Gemini et ChatGPT — évaluent chaque transcription de manière indépendante, puis consultent les évaluations des autres et révisent leur jugement. Claude joue le rôle de président du jury et synthétise la note finale avec les preuves à l'appui. La délibération imite un jury humain, avec une dynamique de confrontation et de convergence.


Ce qui a dysfonctionné — et les corrections apportées

La première version de l'agent a essuyé des critiques sérieuses. Le problème le plus flagrant : la voix. Les professeurs avaient cloné celle d'un collègue, Foster Provost, dont le clone était techniquement le plus fidèle. Mais les étudiants l'ont trouvée « intense », « condescendante ». L'un d'eux a même signalé que « l'agent lui criait dessus ». L'anxiété de performance, déjà élevée dans un contexte d'examen oral, a été amplifiée par le timbre et le débit de la voix synthétique — une variable à laquelle les concepteurs de l'agent n'avaient pas accordé suffisamment d'importance au départ.

Autre écueil majeur : l'agent empilait les questions. Au lieu d'en poser une à la fois, il formulait des requêtes composites (« Expliquez votre choix de métrique, quelles baselines avez-vous testées, pourquoi pas X, et que feriez-vous ensuite ? »), soit quatre questions déguisées en une seule. La charge cognitive pour un étudiant en temps réel devenait ingérable. La correction : une règle stricte dans le prompt — une seule question par tour, le reste est chaîné sur les échanges suivants.

La clarification posait également problème : quand un étudiant demandait à l'agent de répéter la question, celui-ci la paraphrasait légèrement différemment, créant l'impression de répondre à un sujet distinct. La correction : instruction explicite de répéter mot pour mot, sans reformulation. Par ailleurs, l'agent interrompait les silences réflexifs trop rapidement. Le délai avant l'intervention a été porté de 5 à 10 secondes — un changement minime en apparence, mais déterminant pour la qualité des réponses.

Enfin, la pseudo-aléa de sélection des cas s'est révélée problématique. Demander à un LLM de « choisir aléatoirement » parmi une liste, c'est comme demander à un humain de penser à un chiffre entre 1 et 10 : on obtient beaucoup de 7. L'agent a choisi Zillow dans 88 % des cas tant que cette étude figurait dans la liste. Après son retrait, il s'est verrouillé sur « predictive policing » dans 16 cas sur 21 le lendemain. Ce phénomène, documenté dans la littérature sur les biais des LLM, découle des préférences statistiques encodées dans les données d'entraînement. La solution : générer le nombre aléatoire côté code et le passer comme paramètre déterministe à l'agent — ne jamais déléguer l'aléatoire à un modèle de langage.


Les chiffres : 42 cents, un miroir pédagogique inattendu

36 étudiants, 9 jours d'examen, 25 minutes en moyenne par session (de 9 à 64 minutes), 65 messages par conversation en moyenne. Coût total : 15 dollars — 8 pour Claude (le modèle le plus sollicité en tant que président du jury), 2 pour Gemini, 0,30 pour OpenAI, et environ 5 pour les minutes vocales ElevenLabs. Soit 0,42 dollar par étudiant, auxquels s'ajoute l'abonnement mensuel ElevenLabs à 99 dollars.

L'alternative humaine ? 36 étudiants × 25 minutes × 2 correcteurs = 30 heures de travail. Au tarif d'un assistant d'enseignement (environ 25 $/h), cela représente 750 dollars. À tarif professoral, la réponse est plus simple : on ne fait tout simplement pas d'examens oraux. L'économie d'un facteur 50 est réelle, mais Ipeirotis insiste : le véritable avantage n'est pas le coût, c'est la valeur délivrée.

Premier constat surprenant : la durée de l'examen ne corrèle pas avec la note obtenue (r = -0,03). L'examen le plus court — 9 minutes — a obtenu le meilleur score (19/20). Le plus long — 64 minutes — une note médiocre. Parler longtemps ne signifie pas maîtriser : l'hésitation verbale est en elle-même un signal d'évaluation que les formats écrits sont structurellement incapables de capturer.

Deuxième révélation, plus inconfortable pour l'équipe enseignante : l'analyse par thématique a exposé une lacune dans l'enseignement lui-même. Sur le thème « Expérimentation », les étudiants ont obtenu en moyenne 1,94 sur 4 — contre 3,39 pour « Formulation du problème ». Trois étudiants (8 %) ont obtenu zéro ; aucun n'a atteint le score maximal. Ipeirotis l'admet sans détour : les tests A/B avaient été survolés en cours. L'évaluateur externe rendu impossible à ignorer a agi comme un miroir tendu à l'enseignant lui-même — une fonction que les examens internes n'assurent jamais.


La délibération du jury IA : Gemini trop généreux, Claude trop sévère

Le premier tour de notation indépendant a révélé des divergences frappantes : Gemini affichait une moyenne de 17/20, Claude de 13,4/20 — un écart de 3,6 points, soit la différence entre un B+ et un B-. Claude et OpenAI convergeaient déjà dès ce premier tour (70 % de leurs notes à moins d'un point d'écart). Gemini se comportait en correcteur complaisant, incapable de résister à la tentation de la générosité — un biais possiblement encodé dans son alignement.

Après la phase de délibération, l'accord s'est considérablement amélioré : 62 % des notes à moins d'un point d'écart (contre 0 % au premier tour), 85 % à moins de deux points. Gemini a baissé ses notes de 2 points en moyenne après avoir pris connaissance des critiques précises de Claude sur les lacunes en expérimentation. Il ne pouvait plus justifier un 17 face à des arguments factuels et circonstanciés.

La qualité du feedback généré surpasse, selon Ipeirotis, ce que des correcteurs humains produisent habituellement sous contrainte de temps : des résumés structurés en points forts, faiblesses et actions, avec des citations verbatim extraites de la transcription. Pour l'étudiant le mieux noté : une observation précise sur sa maîtrise des compromis de métriques, illustrée par un exemple spécifique qu'il avait donné. Pour un étudiant en difficulté : une consigne d'entraînement détaillée sur la conception de tests A/B, avec les étapes exactes à maîtriser. Spécifique, actionnable, ancré dans la preuve. Ce niveau de granularité est tout simplement impossible à tenir pour un correcteur humain sur des dizaines de copies.

Ce que disent les étudiants : stressant mais perçu comme juste

Seulement 13 % des étudiants ont préféré le format oral IA. 57 % auraient opté pour un examen écrit traditionnel. 83 % ont trouvé l'oral plus stressant. Et pourtant : 70 % ont jugé qu'il évaluait leur compréhension réelle — l'item le mieux noté de tout le questionnaire. Les étudiants acceptent le verdict, même s'ils n'apprécient pas le vecteur.

Ils ont en revanche plébiscité la flexibilité temporelle : pouvoir passer l'examen depuis chez soi, à l'heure de son choix, sur neuf jours. Un avantage logistique majeur qui compense partiellement la sévérité du format. Ipeirotis y voit aussi un avantage pédagogique structurel : puisque les questions spécifiques sont générées en temps réel par l'agent, les sujets d'examen ne peuvent pas fuiter. Les étudiants peuvent s'entraîner autant qu'ils le souhaitent avec le même agent — ce qui ne fait que renforcer leur maîtrise réelle. C'est précisément ainsi que l'apprentissage est censé fonctionner.

Une expérience fondatrice pour l'évaluation à l'ère de l'IA

Ce que l'expérience de Panos Ipeirotis démontre avant tout, c'est que l'IA générative n'a pas seulement créé un problème de tricherie : elle a rendu obsolètes des décennies de pratiques d'évaluation. La réponse ne peut pas se limiter à restaurer le passé — revenir aux examens sur papier est une régression qui ne règle pas le problème fondamental de l'évaluation individuelle dans les travaux collectifs.

L'examen oral automatisé par IA n'est pas une solution parfaite. Il est stressant, techniquement fragile dans ses premières versions, et soulève des questions d'équité et d'accessibilité qui devront être traitées systématiquement — pour les étudiants dyslexiques, malentendants, ou simplement défavorisés par un environnement vocal anxiogène. Mais à 42 cents par étudiant, avec un feedback de qualité supérieure à ce que produisent des correcteurs humains sous pression, une capacité à diagnostiquer les lacunes de l'enseignement lui-même, et l'impossibilité structurelle de faire fuiter les sujets, il représente une piste d'une solidité inhabituelle.

La conclusion d'Ipeirotis est lapidaire : « Combattre le feu par le feu. » L'IA a tué l'examen traditionnel. C'est à l'IA de forger ses successeurs. Les prompts de l'agent vocal et du jury de notation sont publics — une invitation ouverte à la communauté académique à s'emparer de cette approche, à l'améliorer, et à poser collectivement la question que ce professeur new-yorkais a eu le mérite de soulever en premier : comment évalue-t-on la compréhension réelle quand la simulation de la compréhension ne coûte plus rien ?

Sources : blog de Panos Ipeirotis, prompts de l'agent vocal (GitHub), prompts du jury de notation (GitHub), Council of LLMs (GitHub), recherche de Brian Jabarian

Et vous ?

Si un jury de LLM évalue les connaissances de manière plus cohérente qu'un jury humain, cela signifie-t-il que les humains étaient de mauvais évaluateurs — ou que les machines ne mesurent pas ce qui compte vraiment ?

La délibération entre Claude, Gemini et ChatGPT a poussé Gemini vers plus de sévérité. Peut-on parler de « pression sociale » entre IA, et dans quel sens ce mécanisme biaise-t-il l'évaluation finale ?

À 42 cents par étudiant, l'examen oral automatisé pourrait devenir un standard mondial — y compris là où les enseignants qualifiés sont rares. Est-ce une opportunité pédagogique ou un risque d'appauvrissement de la relation éducative ?

La durée d'un examen oral ne corrèle pas avec la note obtenue : le plus court a décroché le meilleur résultat. Qu'est-ce que cela dit de notre rapport culturel à la « démonstration d'effort » dans l'évaluation ?
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Avatar de ninow
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 13/03/2026 à 10:01
Parce que c'est une question d'honnêteté envers les étudiants.
Pourquoi le professeur se permet il d'agir ainsi ? Ou est la morale ?
L'apprentissage se fait aussi par l'exemple. Il n'y a rien de pédagogique d'agir ainsi.
Encore une fois, ils n'ont pas les mêmes objectifs:
L'etudiant doit prouver qu'il a acquis une capacité: l'usage d'un LLM fait disparaitre l'interet même du devoir en question, il est normal que cet outil soit interdit dans ce cas là.
Le prof doit fournir un cours qu'il juge pertinent pour l'apprentissage des éléves: dans ce cas là le LLM n'est qu'un outil de plus à ça disposition, comme le sont depuis toujours les livres, manuels et articles existants. Ce n'est pas de la triche ou du plagiat et le but n'est pas que le prof montre qu'il a travaillé aussi dur que ces éléves pour faire son cours mais simplement que le taf soit fait.

Le seul point qui merite de jeter l'opprobre sur un prof s'aidant de l'IA pour générer son cours c'est si son travail n'est pas au niveau attendu: ça reste de sa responsabilité de s'en assurer. L'outil importe peu c'est la qualité du livrable qui est importante ici.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 01/03/2026 à 10:43
Je ne vois pas bien la valeur d'un diplôme du supérieur si ce dernier ne nécessite pas d'avoir fourni un travail inédit et original pour l'obtenir.

Or le résultat produit par les LLM n'est ni inédit ni original. Par déduction, on peut légitimement se questionner sur la valeur des diplômes si ces derniers suffisent à tuer la difficulté des examens proposés.
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Avatar de ninow
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 12/03/2026 à 9:35
Je ne comprends pas à quel moment on trouve normal de mettre sur un même pied une personne qui fait son travail (un prof) et un étudiant dont le but est d’apprendre des choses.

Le but des devoirs est que les étudiants impriment des choses dans leur tête ou bien de valider qu’ils ont compris. Forcément, on ne veut pas qu’ils utilisent un LLM, car cela n’aurait plus aucun sens… Le prof, lui, doit fournir des cours ; il peut se servir des outils à sa disposition. Ce n’est carrément pas le même use case et ce n’est pas "de la triche".
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Avatar de jeanluc.amitousa
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 02/03/2026 à 11:46
Bonjour,

J'apprécie l'idée d'un examen basé sur le modèle d'un entretien d'embauche IA comme moyen de lutte contre la fraude. Est-il possible de savoir, dans de telles conditions où se déroule cet oral ? En salle de classe ou bien à la maison sans surveillance ? Car dans ce dernier cas, les méthode de triches sont encore nombreuses. On pourrait tout à fait mettre une IA juste à côté de soi, sur son téléphone où ses lunettes hit-tech qui écoute et souffle des réponses mot à mot (un peu comme les discours TV de présidents).
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Avatar de Artemus24
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 19/03/2026 à 10:40
Si je comprends bien, avec l'IA, nous n'avons plus besoin de réfléchir par nous même.
Bravo le progrès. Et après on s'étonne que le QI diminue dans le monde. Je me marre.
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Avatar de Artemus24
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 20/03/2026 à 0:03
Citation Envoyé par Matthieu Vergne
Un amalgame trop souvent fait : utiliser l'IA ne veut pas dire déléguer.
Tu as tout à fait raison, mais il ne s'agit pas de cela. Il suffit de prendre l'exemple des calculatrices. Avant, pour faire des calculs, on apprenait par cœur les tables de multiplications. Maintenant, il suffit de tapoter sur sa calculatrice pour avoir le résultat attendu. Il n'est plus nécessaire d'apprendre quoi que ce soit et c'est ça le problème. On aura le même comportement avec l'IA, à savoir ne plus faire l'effort de quoi que ce soit car il suffit de demander à l'IA pour avoir la réponse. Et pourquoi remettre en cause la réponse puisqu'elle devrait, en principe, être fiable ? C'est inhérent au comportement humain d'agir ainsi. On ne demande pas d'analyser ou de comprendre, ce qui normalement est la bonne démarche. On peut même douter si l'on n'a pas compris, mais a-t-on encore le temps, aujourd'hui, de se poser ce genre de questions ? La réponse est NON !

Il ne faut pas chercher une excuse que ce soit aux professeurs ou aux élèves de chercher la solution de facilité. Pour un enseignement fiable, il faut tout bonnement interdire l'IA à l'école. Ne le fait-on pas déjà avec les calculatrices ?

Citation Envoyé par Ryu2000
Y en a qui se disent "pourquoi faire l'effort alors qu'un chatbot pourrait réaliser mon travail instantanément ?"
Solution de facilité, rien de plus à dire. Cela n'a pas que des conséquences à l'école, mais aussi dans la société. A quoi bon leur inculquer de bons comportements, plus personne ne voudra faire des efforts. Pourquoi ? L'IA est là pour subvenir à tous leurs besoins.

Ce n'est même plus une question de riche et de pauvre, mais bien une dégradation de la société toute entière.
Je reprends une maxime de Montesquieu qui illustre ma pensée : "Le mieux est le mortel ennemi du bien".

Citation Envoyé par Ryu2000
Tu peux creuser le sujet toi même, faire des recherches, acquérir des compétences et des connaissances, etc.
Il ne s'agit ni de toi ni de moi car nous sommes d'une autre génération. Le problème est pour ceux qui auront toujours connu l'IA.

Citation Envoyé par Ryu2000
Le QI n'est pas forcément lié à ça.
Ben si, car si tu ne fais pas travailler ton cerveau, tu ne peux pas avoir un bon QI.

Citation Envoyé par Gluups
Ne serait-ce que pour approfondir la réflexion avant d'investir 17 millions.
Qu'est-ce que tu veux approfondir ? Ta démarche est dans le rationnel alors que je te parle ici d'une solution de facilité. Qui va se dire que pour son bien, je vais réfléchir par moi-même, quitte à se tromper, plutôt que d'utiliser l'IA qui a réponse à tout ?

Es tu du genre à marcher pour le bien être de ton coeur, plutôt que de prendre les transports en commun ? C'est pareil, la solution de facilité, rien de plus.
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Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 09/03/2026 à 20:13
Pour apprendre à nager, il doit bien y avoir moyen d'envoyer une IA à sa place.

Une fois jeté à l'eau, entre celui qui aura fait ça et celui qui sera venu en personne au cours, j'ai une petite idée sur celui qui va flotter, et ce qui va arriver à l'autre.
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Avatar de Ryu2000
Inactif https://www.developpez.com
Le 10/03/2026 à 10:06
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Le cas le plus révélateur n'est pas celui d'un tricheur pris la main dans le sac. C'est celui d'une étudiante dont la plume avait toujours été saluée par ses professeurs. Arrivée dans un nouvel établissement, elle comprend que son style confiant et élaboré risque de déclencher les algorithmes de détection — des enseignants ne la connaissant pas n'auraient aucun moyen de savoir que cette voix est la sienne. Sa réaction ? Elle interroge Google Gemini pour comprendre quels patterns stylistiques attirent l'attention des logiciels de surveillance. Cette enquête ouvre une porte. Elle apprend comment les prompts façonnent les sorties, quelles structures de phrases suscitent le soupçon. L'outil devient un moyen de compléter ses cours et de clarifier des notions complexes, mais la démarche la met mal à l'aise. « J'ai comme l'impression de tricher », confie-t-elle à Maye — bien que ce soit précisément l'envie de ne pas tricher qui l'y ait conduit.

Un autre cas, plus radical encore : après avoir été faussement accusé d'utilisation de l'IA dans un autre cours, un étudiant décide de prendre les devants. Il souscrit à plusieurs abonnements IA, étudie minutieusement le fonctionnement des systèmes de détection et développe une véritable maîtrise des outils qu'il n'avait jamais prévu d'employer. Il décide ensuite de ne rien dire à ses professeurs, jugeant que sa nouvelle littératie en IA ne ferait qu'aggraver les soupçons à son égard.
Si une personne est capable de s'exprimer correctement elle doit pouvoir le prouver à ses professeurs.
Et au pire c'est pas grave de faire des faux positifs...
Après tu peux te défendre et prouver que t'écris comme un chatbot IA.
Il doit bien y avoir une épreuve écrite, surveillé, sans accès à un ordinateur (montre, téléphone, etc).
Et là on voit comment la personne s'exprime sans IA.

Je n'y crois pas du tout à ces histoires de « Nous sommes obligés d’avoir recours à l’IA pour éviter que les professeurs ne soupçonnent que nous l’utilisons. ».
Il n'y a qu'à ajouter quelque "mal-dit" et c'est bon, tu passes pour une personne normale.
Ça ne tient pas debout "j'ai besoin d'une IA pour saboter mon travail"...
« Je suis tellement pétri de littérature que je me révèle incapable de proférer une phrase qui ne soit point grammaticalement irréprochable. » ce soit à quoi on ne peut répondre que « « Ouais, c'est ça. Ferme ta gueule ! ».

====
Si quelqu'un sait écrire correctement il va se battre pour le prouver.
Il ressentirait un profond sentiment d'injustice et il ne lâcherait pas.
Il dirait "je refuse de baisser mon niveau afin de passer inaperçu".
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Avatar de Gluups
Membre expert https://www.developpez.com
Le 10/03/2026 à 10:17
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
« Ouais, c'est ça. Ferme ta gueule ! »
Si on doit en arriver là, autant mettre directement la clef sous la porte.
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Avatar de Artemus24
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 11/03/2026 à 18:04
Salut à tous.

Citation Envoyé par Socrate
N'oublie jamais que tout est éphémère, alors tu ne seras jamais trop joyeux dans le bonheur, ni trop triste dans le chagrin.
Et c'est là que des professeurs d'université s'aperçoivent que leur rôle a change.
Rien n'est figé dans le marbre et il faut à tout instant se remettre en question.
Il semble à juste titre que les étudiants s'adaptent mieux à ces nouvelles technologies que certains professeurs.

Entre écrire à la plume d'oie, à la plume sergent major, au stylo bille et au stylo plume, il y a bien eu une évolution de l'écriture.
Je ne pense pas que ces même professeurs se sont focalisés sur la plume d'oie comme étant la bonne façon de faire.

De quoi est-il question ? Jadis, ne parlait on pas de plagia ?
Au lieu de recopier un extrait d'un livre, maintenant on s'adresse directement à l'IA pour le faire.
Le professeur a plus de difficulté de s'avoir si tricherie il y a.
Est-ce encore de la tricherie si le texte en question, rédigé par une IA, s'avère pertinente ?
D'accord, le but de la rédaction du texte est de démontrer que l'étudiant maitrise son sujet, pas l'IA.

Citation Envoyé par Michel de Montaigne
Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine.
Je crois que l'on n'est même plus dans cet aphorisme, mais plutôt une tête vide de tout savoir.
A quoi sert de réfléchir par soi-même quand tu peux poser la question et avoir automatiquement la réponse par l'IA ?

Citation Envoyé par Stéphane le calme
Mais c'est une IA qui nous enseigne.
On se demande à quoi peut encore servir un professeur si tout le travail est fait par une IA.

Citation Envoyé par Stéphane le calme
Les professeurs sont donc, dans leur grande majorité, convaincus que l'IA est nuisible à l'apprentissage...
Non, ce n'est pas nuisible, il faut juste savoir s'en servir, comme s'inspirer d'un texte sans faire du plagia.
Le but n'est pas de faire faire une rédaction par une IA mais d'apprendre ce que le professeur enseigne.
Il faudra bien que cet enseignement inculque quelque chose à l'étudiant, sinon c'est peine perdu.

Citation Envoyé par Stéphane le calme
... tout en l'adoptant pour préparer leurs cours, noter les travaux, voire générer leurs supports pédagogiques.
Si la qualité du cours est au rendez-vous, pourquoi pas, mais il semble que le professeur lui-même tombe dans le piège sans s'apercevoir du manque de pertinence du savoir qu'il va communiquer à ses élèves. Ben oui, si on trouve la même chose via l'internet ou par l'IA, à quoi sert cet enseignement ?

Je crains que la qualité de l'enseignement s'en ressente et que nous aurons de plus en plus un savoir divulgué par l'IA, formaté, sans avoir confirmation que ce savoir est vérité. La doxa (croyance admise collectivement sans examen critique), comme la croyance que le soleil tourne autour de la terre ou que la terre est plate, et je ne sais quoi d'autre. Dois je comprendre que dans l'avenir, nous aurons que des Doxa ? Seul la parole (divine) de l'IA faisant foi.

A cause de l'IA, nous allons vers une crise de l'enseignement et surtout une crise du savoir. Je fais bien la distinction entre le savoir qui se communique lors d'un enseignement et la connaissance qui est issue d'un apprentissage ou d'une expérience démontrant la vérité du travail que l'on effectue.
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