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30 milliards $ de matériel tech dans les salles de classe pour remplacer les manuels scolaires sans preuves d'efficacité : la génération Z serait la première moins douée sur le plan cognitif que ses parents

Le , par Stéphane le calme

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Le bilan est accablant. Après un quart de siècle de politique massive d'équipement numérique dans les écoles américaines, les neuroscientifiques tirent la sonnette d'alarme : loin d'avoir dopé les capacités intellectuelles des jeunes, l'invasion des tablettes et des laptops en classe a produit l'effet inverse. Selon le neuroscientifique Jared Cooney Horvath, qui a témoigné devant la commission Commerce du Sénat américain, la génération Z serait la première, depuis que les sociétés industrialisées mesurent le développement cognitif — soit depuis la fin du XIXe siècle —, à faire un score moins élevé que la précédente sur les tests standardisés. Une affirmation qu'il a également portée dans les colonnes du New York Post et relayée depuis par de nombreux médias, mais qui reste à ce stade celle d'un chercheur isolé, et non un consensus scientifique établi.

Horvath s'appuie sur les données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), administré par l'OCDE auprès de jeunes de 15 ans dans une quarantaine de pays. Les résultats sont sans appel selon lui : non seulement les scores chutent, mais ils chutent proportionnellement au temps passé devant un écran en contexte scolaire, et ce dans environ 80 pays. Le chercheur précise que le recul ne se limite pas à une discipline : il couvrirait l'attention, la mémoire, la littératie, la numératie, les fonctions exécutives et même le QI général. Des données préoccupantes, mais qui méritent d'être lues avec le recul critique qu'impose toute corrélation statistique — la causalité, elle, reste plus difficile à établir.


L'histoire commence en 2002. Le Maine, État rural du nord-est des États-Unis, devient le premier de la fédération à lancer un programme d'équipement numérique universel dans ses établissements scolaires. À l'initiative d'Angus King, alors gouverneur, 17 000 laptops Apple sont distribués dès la première rentrée à tous les élèves de septième année (soit l'équivalent de la cinquième française) répartis dans 243 collèges. Le message est clair : donner à chaque enfant, quelle que soit son origine sociale, un accès privilégié à la connaissance via internet. Une vision progressiste, séduisante, et qui allait faire école.

En 2016, le Maine avait déjà distribué 66 000 ordinateurs et tablettes. Mais surtout, son exemple avait essaimé dans tout le pays. Le modèle « one-to-one » (un appareil par élève) est devenu un standard éducatif brandi comme l'avenir de l'enseignement. En 2024, les États-Unis dépensaient plus de 30 milliards de dollars par an pour équiper leurs établissements en technologie numérique. Un chiffre vertigineux, représentant un effort budgétaire colossal sur lequel des générations entières d'élèves ont fondé leur parcours scolaire.

Pourtant, dès 2017, des signaux d'alarme auraient dû interpeller les décideurs. Fortune relevait cette année-là que les scores aux tests standardisés dans les écoles publiques du Maine n'avaient pas progressé en quinze ans de programme technologique. Le gouverneur suivant, Paul LePage, qualifiait l'initiative « d'échec monumental ». L'argent continuait pourtant de couler vers Cupertino.

Le verdict d'un neuroscientifique : une génération cognitivement affaiblie

C'est devant la commission Commerce du Sénat américain, en début d'année 2026, qu'un neuroscientifique réputé a posé les mots qui dérangent. Jared Cooney Horvath, chercheur spécialiste des mécanismes d'apprentissage, a livré un témoignage écrit sans concession : la génération Z est moins capable cognitivement que ses prédécesseurs, et ce malgré — ou plutôt à cause de — son accès sans précédent à la technologie. Elle serait la première génération de l'histoire moderne à faire moins bien que la précédente sur les tests standardisés mesurant des compétences fondamentales comme la littératie et la numératie (la capacité de comprendre, d'utiliser, d'interpréter et de communiquer des informations mathématiques, quantitatives et spatiales dans la vie quotidienne).

Horvath s'appuie sur les données du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), administré par l'OCDE auprès de jeunes de 15 ans dans une quarantaine de pays. Les résultats sont sans appel : non seulement les scores chutent, mais ils chutent proportionnellement au temps passé devant un écran en contexte scolaire. La corrélation est statistiquement robuste : plus les élèves utilisent des outils numériques en classe, plus leurs performances cognitives se dégradent.

Le chercheur prend soin de ne pas confondre scores standardisés et intelligence brute — un écueil classique dans ce type de débat. Mais il soutient que ces tests mesurent bel et bien des capacités cognitives opérationnelles, celles qui permettent de résoudre des problèmes, d'argumenter, de comprendre un texte complexe. Des compétences que l'école est censée forger — et qu'elle n'a manifestement pas su préserver dans cet environnement hyperconnecté.


L'attention fragmentée : le vrai poison de l'apprentissage numérique

Comment expliquer ce paradoxe apparent — plus d'accès à la connaissance, moins de compétences ? La réponse réside dans la neurologie de l'attention. Apprendre, selon Horvath, est fondamentalement un processus difficile, inconfortable, qui exige un effort soutenu sur un sujet singulier. C'est précisément cette friction cognitive qui permet à la connaissance de s'ancrer en mémoire à long terme et de devenir transférable dans d'autres contextes.

Or, les outils numériques tels qu'ils sont déployés en classe fonctionnent à l'exact opposé de ce mécanisme. Une étude menée en 2014 auprès de 3 000 étudiants universitaires révélait que ces derniers consacraient les deux tiers de leur temps d'écran à des activités hors-sujet — réseaux sociaux, messageries, vidéos. Chaque interruption, même brève, impose au cerveau un coût de « remise en contexte » significatif. Le multitâche, loin d'être une compétence que la technologie développerait, est associé à une mémoire plus faible et à un taux d'erreur accru.

La psychologue Jean Twenge, professeure à l'Université d'État de San Diego et auteure de travaux de référence sur les différences générationnelles, abonde dans ce sens. Elle rappelle que les applications les plus utilisées par les...
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/02/2026 à 14:02
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Pourtant, dès 2017, des signaux d'alarme auraient dû interpeller les décideurs. Fortune relevait cette année-là que les scores aux tests standardisés dans les écoles publiques du Maine n'avaient pas progressé en quinze ans de programme technologique. Le gouverneur suivant, Paul LePage, qualifiait l'initiative « d'échec monumental ». L'argent continuait pourtant de couler vers Cupertino.
Est-ce que le niveau des tests standardisés baisse chaque année afin qu'il ne soit pas évident que le niveau des élèves baisse ?

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Comment expliquer ce paradoxe apparent — plus d'accès à la connaissance, moins de compétences ? La réponse réside dans la neurologie de l'attention. Apprendre, selon Horvath, est fondamentalement un processus difficile, inconfortable, qui exige un effort soutenu sur un sujet singulier. C'est précisément cette friction cognitive qui permet à la connaissance de s'ancrer en mémoire à long terme et de devenir transférable dans d'autres contextes.

Or, les outils numériques tels qu'ils sont déployés en classe fonctionnent à l'exact opposé de ce mécanisme. Une étude menée en 2014 auprès de 3 000 étudiants universitaires révélait que ces derniers consacraient les deux tiers de leur temps d'écran à des activités hors-sujet — réseaux sociaux, messageries, vidéos. Chaque interruption, même brève, impose au cerveau un coût de « remise en contexte » significatif. Le multitâche, loin d'être une compétence que la technologie développerait, est associé à une mémoire plus faible et à un taux d'erreur accru.
Est-ce qu'ils parlent des 2/3 du temps d'écran en classe ?

=====
De mon expérience, en France, les élèves peuvent commencer à utiliser un PC portable en cours qu'après le BAC.
C'est cahier, livre, stylo, au primaire, au collège, au lycée.
Il y a parfois de l'ordinateur (pour la géométrie par exemple) mais ça reste marginal.

Grâce aux USA on a maintenant le recul nécessaire pour savoir que c'est une mauvaise idée d'utiliser des tablettes à l'école.
Il ne devrait quasiment pas y avoir de temps d'écran à l'école, et il devrait peu y en avoir à la maison.
Donner une tablette à un enfant et la solution de facilité.
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