
selon Sébastien Planchenault
En France, cela fait plusieurs années que les enquêtes se succèdent et relèvent une baisse du niveau scolaire, notamment, en mathématiques et en sciences. Depuis 1995, l’International Association for the Evaluation of Education Achievement (IEA) apporte des éclairages à ce sujet au travers de son enquête Trends In Mathematics and Science Study (TIMSS). En somme, il ressort de l’enquête TIMSS 2015 qu’en comparaison à d’autres pays et à la moyenne internationale, les représentants de l’éducation française sont à la traîne.
L’enquête TIMSS 2015 révèle que les pays d’Asie de l'Est – notamment Singapour, Hong Kong, la Corée, Taipei de Chine et le Japon – dominent les autres pays en mathématiques comme en sciences, et ce, quel que soit le niveau. Elle vient confirmer les chiffres du Program for International Student Assessment (PISA) de l’OCDE dans son édition 2012.
Le ministère de l’Éducation nationale français a fait le même constat. Beaucoup d'élèves décrochent leur bac S sans avoir de résultats satisfaisants en maths. Le ministère a donc annoncé réfléchir à un aménagement de cette spécialité, un programme assez dense pour rehausser le niveau en maths. Sébastien Planchenault, président de l’Association des professeurs de maths de l’enseignement public (APMEP), « considère que la réforme du bac peut être profitable aux élèves scientifiques et à ceux des voies technologiques » et pas forcément aux autres spécialités.
« Nous demandons de mettre en place deux spécialités maths ! Attention, nous ne voulons pas retrouver une spécialité S et une spécialité ES, ou une spécialité facile et une spécialité exigeante. L’objectif, c’est de conserver la spécialité qui existe aujourd’hui, tournée vers les sciences, et de proposer une deuxième spécialité de maths ouverte sur l’ensemble des autres disciplines : la littérature, la philosophie, les arts, etc. pour recréer ces ponts qui n’existent plus dans le tronc commun. En enseignement scientifique, les élèves n'ont que 12 heures de mathématiques sur la première et la terminale, c’est comme s’il n’y en avait plus ! », explique l'APMEP.
La reforme du ministère implique l'augmentation du niveau et du bagage des élèves en maths. Cependant, les formations, notamment les prépas, se rendent compte qu’il y aura tellement d’élèves qui vont arrêter les mathématiques en terminale qu’elles vont être obligées d’abaisser le niveau des maths dans le supérieur à celui de première. Au lieu d’augmenter le niveau des lycéens pour qu’ils suivent dans le supérieur, finalement il faudra baisser le niveau dans le supérieur. Or, les entreprises de la tech sont de plus en plus nombreuses à se plaindre des difficultés à recruter, cela risque de continuer ainsi lorsque le niveau en maths sera baissé.
Les internautes n'ont pas manqué de se prononcer sur la question. Certains sont pour l'idée de rehausser le niveau en maths depuis le secondaire, car cela permettra de réduire l'écart de niveau avec la formation du supérieur. « J'ai eu mon bac avec mention il y a 4 ans, le tout sans jamais réviser ne serait-ce qu'une fois. Quand je suis arrivé dans les études supérieures, ma charge horaire a doublé, et mes notes se sont divisées par deux. J'aurais préféré avoir plus de cours au lycée que de me faire autant éclater par la suite », témoigne l'un d'un.
Certains expliquent l'écart de niveau par une rupture en terme de concept. Pour eux, globalement, jusqu'au lycée on ne fait pas des mathématiques mais plutôt du calcul. Et donc les capacités des élèves en fin de terminale sont surtout calculatoires et assez peu portées sur la réflexion et les concepts abstraits. D'autres soutiennent clairement la réforme du ministère qui veut hausser le niveau en maths et sont contre le fait que le supérieur veuille abaisser son niveau en maths.
Une question se pose donc : est-il nécessaire d'être bon en maths pour faire carrière en informatique ? Les avis sont plutôt mitigés. Par exemple, pour Walter Schulze, un ingénieur chez Facebook, l’on peut recevoir un bon salaire en tant que travailleur dans la filière de la programmation informatique sans que le niveau en mathématiques ne soit interpellé. Toutefois, son propos laisse filtrer que le champ d’activités de tiers dans cette situation serait limité à la programmation d’applications qui ne touchent pas à des domaines spécialisés. « Les mathématiques sont l’outil [incontournable] pour la résolution des problèmes spécialisés », indique-t-il.
Walter Schulze illustre son propos avec une liste d’au moins trois domaines hors de portée de tiers sans un niveau conséquent en mathématiques. De la programmation des jeux vidéos à l’intelligence artificielle en passant par le classement de pages web, il souligne comment certains concepts mathématiques sont mis en œuvre pour arriver à résoudre des problèmes. Il dit même qu'il regrette d’avoir négligé les mathématiques pendant son cursus universitaire avant d’expliquer pourquoi ceux qui, comme lui, on fait pareil pourrait être rattrapés dans la vie professionnelle.
Une étude de chercheurs de l’université de Washington dit plutôt le contraire. En résumé, la publication de recherche dit : doué en apprentissage de langues donc doué en programmation informatique. En substance, la programmation informatique ferait plus appel à des qualités linguistiques qu’aux compétences en mathématiques. L’aptitude à l'apprentissage des langues serait un meilleur paramètre de prédiction des capacités d’apprentissage de la programmation que des connaissances de base en mathématiques ou en calcul.
Source : L'Étudiant
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