En ce début d’année 2020, s’il est un exercice auquel on peut s’adonner sur la base des chiffres Pôle emploi, c’est de dresser un état des lieux des besoins en main-d’œuvre dans le secteur des technologies de l’information et de la communication. En d’autres termes, il s’agit de répondre à la question de savoir si les entreprises arrivent à se procurer les ressources humaines dont elles ont besoin pour l’atteinte de leurs objectifs. Si le rapport Pôle emploi pour l’année en cours est toujours attendu, il est possible d’apporter des éléments de réponse sur la base de celui de l’année qui précède. Les entreprises ont-elles de plus en plus de difficultés à recruter ?
Dans le cadre du rapport Pôle emploi pour l’année 2019, Le secteur des technologies de l’information et de la communication pèse pour 3,9 % sur l’enveloppe globale de 2 693 000 projets de recrutement annoncés par les 1,7 million d’établissements qui participent à l’enquête. Dans ce domaine qui regroupe 29 % des participants à l’enquête, le nombre de projets d’embauche augmente de près de 21 % de 2018 à 2019 : on passe de 87 113 projets de recrutements en 2018 à 105 451 en 2019. Interrogées entre septembre et octobre 2018, 51 % des entreprises de ce secteur qui prévoient d’intégrer des travailleurs à leurs effectifs anticipent sur des difficultés à y parvenir. En 2018, c’est 50 % des établissements participant à l’enquête qui faisaient des prévisions similaires.
L’étude regroupait les ingénieurs et cadres d’étude, les chercheurs et chefs de projet en informatique dans une famille de métier pour laquelle les recruteurs anticipent le plus sur des difficultés de recrutement. Dans les chiffres, cette catégorie du secteur des technologies de l’information et de la communication concentrait 72,3 % de parts de projets difficiles. Ici, le métier d’employé et opérateur en informatique fermait la boucle avec ses 58,2 % de parts de projets difficiles. Récapitulatif…
La publication de ce rapport se faisait pourtant dans un contexte où le taux de chômage en France tournait autour de 8,8 % au terme de l’année 2018. Pourtant, comme on peut le voir, les entreprises étaient de plus en plus nombreuses à anticiper sur des difficultés à recruter. Tous secteurs confondus, la part des projets de recrutement prévus difficiles avait augmenté de 5,7 % par rapport à 2018 pour atteindre 50,1 %.
Pour l’année 2019, la pénurie ou le profil inadéquat des candidats étaient les principales causes de difficultés anticipées de recrutement mises en avant par les employeurs.
« Près de six établissements recruteurs sur dix (57 %) s’attendent à rencontrer des difficultés de recrutement en 2019. Les motifs les plus souvent avancés sont liés aux candidatures : 79 % des recruteurs anticipant des difficultés de recrutement mentionnent une « pénurie de candidats », et 77 % des candidatures au profil inadéquat. Cette part est plus importante dans les grands établissements, ce qui peut s’expliquer par le nombre parfois très important de recrutements envisagés par ces établissements.
35 % des recruteurs anticipant des difficultés mentionnent des conditions de travail défavorables (pénibilité du travail, horaires décalés, manque d’attractivité). Par ailleurs, 15 % citent des difficultés d’accès au lieu de travail, et autant des problèmes d’image du métier ou de l’entreprise. Au total, près de la moitié des recruteurs anticipant des difficultés de recrutement citent l’un de ces trois critères. Les établissements agricoles ainsi que ceux de l’industrie sont les plus nombreux à envisager ce type de difficultés liées au poste de travail (respectivement 66 % et 54 %, contre 38 % des établissements du commerce).
Enfin, 18 % des établissements anticipant des difficultés de recrutement envisagent de possibles difficultés économiques (manque de budget), et 7 % des difficultés liées aux procédures internes de recrutement. Ces...
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